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	<title>D&#233;bats la&#239;ques</title>
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	<description>Chers lecteurs, vous &#234;tes sur le site des textes prolongeant la collection D&#233;bats la&#239;ques &#233;dit&#233;e chez L'Harmattan. Le premier site de la seule collection consacr&#233;e &#224;...</description>
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		<title>D&#233;bats la&#239;ques</title>
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		<title> L'acharnement th&#233;rapeutique des juges... (Recension de l'ouvrage par Alain Azouvi)</title>
		<link>https://debatslaiques.fr/Veronique-FOURNIER-Puisqu-il-faut-bien-mourir.html</link>
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		<dc:date>2019-07-01T12:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Azouvi, V&#233;ronique Fournier</dc:creator>


		<dc:subject>FIN DE VIE - Sant&#233;-H&#244;pital</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les juges de la Cour d'appel de Paris, dans leur captation du cas de Vincent Lambert. Recension de l'ouvrage par Alain Azouvi. &lt;br class='autobr' /&gt; V&#233;ronique FOURNIER- Puisqu'il faut bien mourir &#8211; La D&#233;couverte, 2015 Sur le mod&#232;le de ce qui se fait en Am&#233;rique du Nord depuis la fin des ann&#233;es 70, V&#233;ronique Fournier a cr&#233;&#233; en 2002, &#224; Cochin, un Centre d'&#233;thique clinique, le premier en France. Son livre d&#233;crit et tire des enseignements, de 2004 &#224; aujourd'hui, de dix cas de patients en fin de vie. Elle a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://debatslaiques.fr/-France-.html" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://debatslaiques.fr/+-Sante-Hopital-Fin-de-vie-+.html" rel="tag"&gt;FIN DE VIE - Sant&#233;-H&#244;pital&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://debatslaiques.fr/local/cache-vignettes/L92xH150/arton368-09d99.jpg?1791240563' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les juges de la Cour d'appel de Paris, dans leur captation du cas de Vincent Lambert. Recension de l'ouvrage par Alain Azouvi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ronique FOURNIER- Puisqu'il faut bien mourir &#8211; La D&#233;couverte, 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le mod&#232;le de ce qui se fait en Am&#233;rique du Nord depuis la fin des ann&#233;es 70, V&#233;ronique Fournier a cr&#233;&#233; en 2002, &#224; Cochin, un Centre d'&#233;thique clinique, le premier en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son livre d&#233;crit et tire des enseignements, de 2004 &#224; aujourd'hui, de dix cas de patients en fin de vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://debatslaiques.fr/local/cache-vignettes/L361xH587/v_-_fournier-puisqu_il-4643e.jpg?1791262968' width='361' height='587' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Elle a notamment mis au point, progressivement, une m&#233;thode d'approche et d'&#233;coute reposant sur quelques fondamentaux :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ne pas avoir de position a priori sur la question pos&#233;e. Recevoir toute demande de fa&#231;on accueillante.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que le travail soit coll&#233;gial et multidisciplinaire : son &#233;quipe est compos&#233;e moiti&#233; de soignants, moiti&#233; de non-soignants : philosophes, sociologues, juristes, membres d'associations de patients, psychologues, psychanalystes. Outre la vari&#233;t&#233; et la richesse des points de vue, cette approche permet aussi de rendre la soci&#233;t&#233; civile t&#233;moin de la difficult&#233; des demandes faites &#224; la m&#233;decine.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pas de jugement en bien ou en mal. C'est la m&#233;thode qui est &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; [**le message du livre*] : &#171; porter une demande de mort, pour soi ou pour autrui, ne devrait plus &#234;tre re&#231;u a priori comme indigne ni insens&#233;. Ce sont des demandes exceptionnelles, sans risque aucun de d&#233;rive &#187; (19).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Carl&lt;/strong&gt;, deux ans et demi, en &#233;tat neurov&#233;g&#233;tatif l'&#233;tat est dit &#171; neurov&#233;g&#233;tatif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;quand les fonctions r&#233;flexes et instinctives continuent &#224; fonctionner alors (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; depuis plusieurs mois apr&#232;s s'&#234;tre noy&#233; dans quelques dizaines de centim&#232;tres d'eau. On est en 2004, avant la loi L&#233;onetti ; pour les &#233;quipes soignantes, l'interdit de tuer est absolu, o&#249; V. Fournier distingue au moins deux dimensions : une d&#233;fense structurante des &#233;quipes de soins, indispensable &#224; leur survie (27), et la responsabilit&#233; institutionnelle du chef de service, comptable du bon fonctionnement de son &#233;quipe (29), deux aspects qui, sur ce cas pr&#233;cis, heurtent de plein fouet la volont&#233; des parents de laisser partir leur enfant. Dans ce genre de tensions dramatiques, la maturation de la d&#233;cision s'&#233;tire sur des mois. La loi L&#233;onetti ayant &#233;t&#233; vot&#233;e (&#224; l'unanimit&#233;) dans l'intervalle, &#171; peut-on admettre que la qualification &#233;thique d'un acte change d'un jour &#224; l'autre, du simple fait d'une loi, alors qu'il s'agissait pour les parents de lib&#233;rer leur fils ? &#187; (32).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Carl mourra d'une aggravation de son &#233;tat que le m&#233;decin-chef a d&#233;cid&#233; de ne pas traiter. Plusieurs ann&#233;es apr&#232;s, la m&#232;re de Carl a &#233;crit un livre, &lt;i&gt;Laissez-le partir&lt;/i&gt;, tandis que V&#233;ronique Fournier revisitait le principe cardinal de la m&#233;decine : &lt;i&gt;primum non nocere&lt;/i&gt;, concluant sur ce premier cas auquel son &#233;quipe fut confront&#233;e : &#171; j'ai compris qu'il nous fallait, nous m&#233;decins, admettre que lorsque nous ressentons comme malfaisant l'acte de tuer, c'est davantage nous-m&#234;mes que nous prot&#233;geons que le malade &#187; (35). Le refus est respectable, il est d'ailleurs reconnu au titre de la clause de conscience, mais il ne peut pas &#234;tre avanc&#233; au nom du &lt;i&gt;primum non nocere&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s la mort de Carl, la m&#232;re de &lt;strong&gt;Berivan&lt;/strong&gt; contacte le Centre d'&#233;thique. Ils sont kurdes, arriv&#233;s en France en 1982, leur fille avait trois ans. Jusqu'&#224; dix ans, elle a v&#233;cu la vie d'une enfant comme les autres, heureuse, &#233;panouie, puis elle devient victime de comportements &#233;tranges, qui s'aggravent. Diagnostic : maladie neurov&#233;g&#233;tative d&#233;g&#233;n&#233;rative, avec destruction progressive du cerveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait quatorze ans qu'elle est inconsciente et que ses parents se relaient &#224; son chevet. Ils en sont arriv&#233;s au point o&#249; ils demandent qu'on lib&#232;re Berivan. A ce moment-l&#224;, la loi L&#233;onetti est pass&#233;e : dor&#233;navant, l'alimentation artificielle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un traitement ; comme, par ailleurs, la loi dit aussi qu'on peut, en cas d'acharnement th&#233;rapeutique, arr&#234;ter tout traitement, cela vaut aussi pour cette alimentation. Mais le Centre est alors confront&#233; &#224; deux difficult&#233;s : d'une part, s'il est l&#233;gal, l'arr&#234;t d'alimentation reste mal accept&#233; par les &#233;quipes de soins palliatifs ; d'autre part, on ne sait rien alors de ce qu'il se passe si on arr&#234;te d'alimenter une jeune femme, en pleine sant&#233; &#224; part son enc&#233;phalite, et dont le c&#339;ur pouvait r&#233;sister longtemps : combien de jours ? Quelles doses de s&#233;datifs prescrire ? En France, personne n'avait d'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se poursuit alors, pendant deux ans, le calvaire des parents de Berivan qui passent d'une &#233;quipe de soignants &#224; l'autre, les premiers acceptant le geste d&#233;finitif, remis en cause par les seconds. Ce sont l&#224; les limites (l'hypocrisie ?) de la loi de 2005, qui a autoris&#233; l'arr&#234;t d'alimentation et d'hydratation, mais interdit l'injection l&#233;tale : un compromis, &#224; nouveau, pas une v&#233;rit&#233; &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la d&#233;cision est prise mais l'agonie de Berivan sera vue de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente par sa m&#232;re et le m&#233;decin, la premi&#232;re, boulevers&#233;e, confiant &#224; V. Fournier que l'arr&#234;t de l'alimentation s'&#233;tait traduit pour sa fille par une agonie tr&#232;s longue et tr&#232;s douloureuse ; le second, formel, estimant que Berivan n'avait pas souffert et que les sympt&#244;mes observ&#233;s &#233;talent ceux, habituels, de toute agonie, laquelle &#171; est rarement totalement paisible et agr&#233;able &#224; regarder &#187; (59).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette douloureuse &#233;preuve, V&#233;ronique Fournier a tir&#233; plusieurs conclusions : d'abord qu'&#171; il y a actuellement un profond hiatus entre ce que beaucoup de nos concitoyens attendent de la m&#233;decine comme accompagnement &#224; la mort, et ce que la m&#233;decine se sent capable d'apporter comme aide aux mourants. Petit &#224; petit, la m&#233;decine a appris &#224; se retirer&#8230; Mais, dans son ensemble, elle n'est pas pr&#234;te &#224; aider &#224; l'&#233;vitement de l'agonie &#187; (60). Ensuite, qu'il ne faut pas m&#233;connaitre non plus les cons&#233;quences de ces choix collectifs pour ceux qui ont &#224; les supporter. De ce point de vue, les soins palliatifs voient juste quand ils notent que la vraie difficult&#233; n'est pas ceux qu'on accompagne vers la mort, mais ceux qui restent, les vivants, avec les souvenirs qu'ils garderont de l'agonie de leurs proches (61).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[**Alexandre, Achim, Andre&#239;, Amina et Vincent Lambert aussi*]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chapitre tente de cerner &#171; ces &#233;tats &#233;tranges appel&#233;s neurov&#233;g&#233;tatifs &#187;, au nombre de 1 500 &#224; 1 700, en France. Deux termes les d&#233;signent, neurov&#233;g&#233;tatif et pauci-relationnel mais, en fait, affirme V. Fournier, personne ne sait tr&#232;s bien r&#233;pondre &#224; la question de ce que sont, tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment, ces &#233;tats. En principe, avec les patients dits en &#233;tat neurov&#233;g&#233;tatif, aucune communication fiable n'est possible, tandis qu'avec ceux dits en &#233;tat pauci-relationnel, il est possible de communiquer &#224; minima.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le distinguo est tr&#232;s th&#233;orique, car : 1- tous les cas de figure existent entre ces deux cat&#233;gories. 2- dans l'une comme dans l'autre, on a &#233;tabli des &#233;chelles de classement selon diff&#233;rents degr&#233;s de s&#233;v&#233;rit&#233;. 3- un m&#234;me patient est souvent fluctuant d'un jour &#224; l'autre. L'incertitude est d'autant plus handicapante que c'est la distinction entre les deux &#233;tats qui fonde le pouvoir d'objectiver l'obstination d&#233;raisonnable, alors que la fronti&#232;re entre eux est &#171; poreuse, instable et incertaine &#187; (79).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[**Conclusion de V. Fournier :*] &#171; la diff&#233;rence (entre ces deux &#233;tats) ne pr&#233;sente cliniquement aucun int&#233;r&#234;t, voire elle est dangereuse. &#187; Comment trancher alors ? En tenant compte de ce qu'ont exp&#233;riment&#233; au chevet du patient ceux qui s'en sont occup&#233;s quotidiennement (81). Et nul d&#233;bordement, V. Fournier en est convaincue, n'est &#224; craindre : les demandes d'aide &#224; mourir sont exceptionnelles ; elles concernent actuellement en France un ou deux patients par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Germaine&lt;/strong&gt;, atteinte de la maladie d'Alzheimer, c'est sa fille qui demande qu'on enl&#232;ve la sonde qui nourrit sa m&#232;re. Refus des m&#233;decins. Intervention du Centre d'&#233;thique, au m&#233;contentement de l'&#233;quipe soignante qui, finalement, se rend sur l'argument patrimonial (sauver une ferme). De cette exp&#233;rience, V. Fournier a tir&#233; deux enseignements &#8230; : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toujours rechercher la personne qui appara&#238;t la plus &#171; l&#233;gitime &#187; pour porter le meilleur int&#233;r&#234;t du patient concern&#233; (96).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; il est frappant de voir combien l'inqui&#233;tude morale r&#233;siduelle est souvent inversement proportionnelle &#224; la proximit&#233; vis-&#224;-vis de ces histoires. Les plus proches sont les moins inquiets. Alors que lorsqu'on reste loin de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te des choses de tous les jours &#8230; lorsqu'on ne raisonne qu'&#224; partir de r&#233;f&#233;rences morales et de principes &#233;thiques &#233;th&#233;r&#233;s, c'est l&#224; que le doute gagne &#187; (98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; et une question lancinante : est-ce vraiment une solution de laisser des personnes s'&#233;teindre &#224; petit feu ? Est-on si certains qu'elles n'en souffrent pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne&lt;/strong&gt; est n&#233;e avec une micro-enc&#233;phalite lisse, c'est-&#224;-dire avec un petit cerveau aux capacit&#233;s limit&#233;es, et d'embl&#233;e c'est la m&#233;decine seule qui la fait vivre. Apr&#232;s quelques mois, ses parents demandent instamment qu'on arr&#234;te les soins : &#171; la vie la plus digne pour ma petite fille sera la vie la plus courte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cas comme celui-ci, la r&#233;flexion du m&#233;decin s'articule autour de quatre points-cl&#233;s : savoir si la m&#233;decine a particip&#233; &#224; ce que l'enfant survive ; v&#233;rifier si l'enfant d&#233;pend ou non d'un traitement vital ; &#233;tat neurologique attendu ; qualit&#233; de la relation qui parvient &#224; se nouer ou non entre l'enfant et la famille. Les p&#233;diatres sont d'autant plus accessibles &#224; la demande des parents, quand elle persiste, qu'ils sentent l'ensemble de la famille en danger. A partir de l&#224;, le temps de la d&#233;cision ne peut &#234;tre que long, mais une grande partie de ce temps est incontournable, car il est indispensable &#224; la lente maturation des choses. C'est ce qu'il s'est pass&#233; pour Jeanne, dont le m&#233;decin, apr&#232;s mure r&#233;flexion, a d&#233;cid&#233; de retirer la sonde qui l'alimentait et de l'accompagner &#224; mourir sans souffrir. Mais, contrairement &#224; celui de Germaine qui n'exprimait plus rien, V&#233;ronique Fournier ne peut oublier le regard de l'enfant &#171; si bleu, doux, attentif, innocent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;strong&gt;Bernard&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Michel&lt;/strong&gt;, V&#233;ronique Fournier a franchi un seuil, celui de l'aide au suicide. Bernard souffrait d'une scl&#233;rose en plaques, &#171; cette maladie neurologique d&#233;g&#233;n&#233;rative &#233;pouvantable, par laquelle on perd, petit &#224; petit, toutes ses capacit&#233;s musculaires jusqu'&#224; devenir emmur&#233; dans un corps devenu totalement inefficace, tout en gardant parfaitement intactes ses facult&#233;s intellectuelles. &#187; Bient&#244;t il ne pourrait plus se nourrir seul, on serait oblig&#233; de lui poser une sonde dans l'estomac, puis les muscles de la respiration se paralyseraient, il lui faudrait l'aide d'un respirateur artificiel. Pour Bernard, la limite &#233;tait la pose de la sonde d'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, son m&#233;decin avait l'impression d'une instrumentalisation d'elle-m&#234;me et de la loi : si Bernard refusait de s'alimenter, c'&#233;tait sa libert&#233;, mais elle ne voyait pas pourquoi ce serait &#224; elle de l'accompagner avec des soins palliatifs, qui sont faits pour accompagner jusqu'&#224; la mort des patients en fin de vie, pas pour les endormir et faire en sorte qu'ils puissent &#233;viter par l&#224; de se confronter &#224; la mort. Pour V. Fournier au contraire, d&#233;cider du moment de sa fin, c'&#233;tait sa fa&#231;on &#224; lui, Bernard, de reprendre un tant soit peu la main face &#224; son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en d&#233;finitive ce qu'il s'est pass&#233; : Bernard s'est nourri et a bu de moins en moins, tandis qu'on lui posait une perfusion pour le calmer et l'endormir. Le processus suivait son cours quand soudain, au sixi&#232;me jour, il a repris ses esprits &#224; l'horreur et &#224; la douleur de son fils. Puis il est mort quelques jours plus tard, mais le mal &#233;tait fait. L'erreur &#233;tait m&#233;dicale : le m&#233;decin avait bien administr&#233; les doses habituelles, mais sans se rendre compte qu'elles &#233;taient adapt&#233;es aux soins palliatifs, &#224; des personnes au bout de leur existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel&lt;/strong&gt;, victime d'un &lt;i&gt;locked-in syndrom&lt;/i&gt; apr&#232;s un AVC massif, &#233;tait depuis plus de deux ans dans un &#233;tat stable. La m&#233;decine l'avait sauv&#233;, en esp&#233;rant qu'il pourrait s'adapter &#224; son nouvel &#233;tat de t&#233;trapl&#233;gique (plus aucune activation de ses muscles tout en conservant toute sa t&#234;te). Ce ne fut pas le cas et pour lui aussi le suicide apparaissait comme la seule issue possible. Ce sont sa femme, ses filles, sa belle-s&#339;ur qui, pendant trois ans, se sont battues, ont donn&#233; &#224; sa demande un &#233;cho public, travail ingrat, parfois entour&#233; de suspicion, admirable aussi, gr&#226;ce auquel, enfin, Michel a obtenu ce qu'il voulait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces deux cas, V&#233;ronique Fournier a tir&#233; plusieurs constats et conclusions : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; culturellement, les m&#233;decins ont souvent du mal &#224; faire suffisamment cas du consentement ou du non-consentement du patient, estimant qu'ils savent mieux que lui ce qui est bon pour lui. &#187; &#171; Ils n'aiment pas trop que les patients leur tiennent t&#234;te, alors que pour Bernard comme pour Michel, ce n'&#233;tait pas aux m&#233;decins qu'ils tenaient t&#234;te, mais au destin et &#224; la maladie &#187; (135).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle a chang&#233; d'avis sur le suicide assist&#233;, mais estime qu'&#171; il faudrait absolument que les m&#233;decins soient parties prenantes du dispositif, pour plusieurs raisons : d'abord, il n'est pas si facile de ne pas rater son coup (cf. le rapport Sicard : si le gouvernement autorisait l'aide au suicide, il faudrait confier la proc&#233;dure &#224; l'institution soignante, pas &#224; des associations comme en Suisse) ; ensuite, c'est ce que souhaitent les gens. En France, nous restons confiants dans la soci&#233;t&#233; pour organiser au mieux le bonheur de tous. &#8230; Nos concitoyens attendent des m&#233;decins qu'ils mettent leur art au service de la population, y compris pour mourir bien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle conclut, comme pr&#233;c&#233;demment, sur sa conviction que la demande ne risque aucunement de devenir massive. Pour souhaiter la mort, il faut vraiment &#234;tre accul&#233; (135, 136).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exception aux cas rapport&#233;s par V. Fournier, celui du &lt;strong&gt;vieil homme cardiaque &lt;/strong&gt; n'est pas douloureux. Il s'agit d'un homme, &#226;g&#233;, malade du c&#339;ur, qui va en mourir, le sait et l'accepte sans drame. Ce qui a intrigu&#233; Fournier, c'est ce m&#233;lange &#233;trange d'acceptation de la mort et de refus d'en tirer les cons&#233;quences pratiques, notamment en mati&#232;re de directives anticip&#233;es. Elle oublie, l&#224;, que jusqu'&#224; la loi r&#233;cente Claeys-L&#233;onetti, ces directives n'&#233;taient pas contraignantes, mais elle apporte aussi &#224; l'appui de son commentaire des observations qui ne remettent pas en cause la justesse des directives, mais qui n'en font pas non plus la sorte de panac&#233;e qu'y voit l'ADMD : une enqu&#234;te de son Centre a montr&#233; que, pour les vieux, &#171; la survie passait par le fait de laisser le futur grand ouvert &#187; (150), le point d&#233;cisif &#233;tant le refus de &#171; lier l'avenir &#187; (155) ; et ce constat peut &#234;tre &#233;largi aux pays o&#249; elles existent depuis longtemps (Etats-Unis, Australie), et o&#249; elles ne sont utilis&#233;es que dans 10 % &#224; 20 % des cas (158).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle voit &#224; ces contradictions des raisons philosophiques : 1- &#171; con&#231;ues comme un instrument au service de la libert&#233;, elles sont v&#233;cues comme amoindrissant cette libert&#233; &#187;. 2- &#171; la d&#233;marche consiste &#224; pr&#233;voir le futur. Or, pr&#233;voir le futur vide celui-ci de son int&#233;r&#234;t m&#234;me. Le futur pour &#234;tre futur doit rester porteur d'inconnu et d'esp&#233;rance &#187; (158). Autrement dit, les directives anticip&#233;es sont certainement un outil qu'il faut faire conna&#238;tre mais elles ne sont pas l'alpha et l'om&#233;ga de la r&#233;ponse des vivants &#224; la crainte de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ninon et Tonino, les affam&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux deux extr&#233;mit&#233;s de la vie, on touche concr&#232;tement et tr&#232;s douloureusement aux limites de la loi L&#233;onetti. Il existe des enfants pour lesquels l'issue la moins douloureuse serait la mort, mais chez qui l'arr&#234;t des traitements de r&#233;animation ne suffit pas &#224; la faire advenir. Comment croire dans de tels cas, que priver son enfant de nourriture jusqu'&#224; ce qu'il en meure puisse &#234;tre v&#233;cu par des parents comme une mort naturelle ? Eux ne soufrent pas l'incertitude : si la situation de leur enfant est grave au point que les soignants abandonnent la partie, ils l'acceptent mais ils demandent alors qu'on l'aide &#224; partir. Les m&#233;decins leur assurent qu'un arr&#234;t d'alimentation, qui est permis par la loi, n'entra&#238;ne aucune souffrance, mais ils ne peuvent admettre que, la d&#233;cision &#233;tant prise, on ne prenne pas les dispositions qui permettraient d'en finir sans attendre. &#171; Des entretiens men&#233;s avec eux, il ressort avant tout que l'arr&#234;t d'alimentation et d'hydratation n'a fait qu'aggraver leur sentiment de ne pas avoir r&#233;ussi &#224; prot&#233;ger leur enfant contre l'adversit&#233; &#187; (172).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me difficult&#233;, la m&#234;me angoisse se retrouvent &#224; l'autre bout de la vie. On conna&#238;t en g&#233;riatrie la tr&#232;s grande place des troubles de l'alimentation ; ceux de la d&#233;glutition en particulier font partie des sympt&#244;mes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence li&#233;e au vieillissement. Ainsi, pour les grands vieillards, l'alimentation est tout sauf naturelle, elle a &#233;t&#233; transform&#233;e et technologis&#233;e. On peut vivre longtemps ainsi, mais quel sens cela a-t-il ? Les m&#233;decins sont alors confront&#233;s &#224; une &#171; alternative diabolique &#187; : mourir par &#233;touffement ou laisser mourir de faim, personne n'osant prendre la d&#233;cision de tout interrompre et d'accompagner &#224; mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Fournier n'a ni solutions, ni propositions : &#171; je sais seulement que la question est &#233;norme. Et qu'elle est aujourd'hui totalement occult&#233;e &#187; (183).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieux chapitre que celui consacr&#233; &#224; &lt;strong&gt;Laurent&lt;/strong&gt;, &#171; neurov&#233;g&#233;tatif ou pauci-relationnel &#187;, que V. Fournier, intitule Naissance d'un rituel. Apr&#232;s avoir tout au long des chapitres pr&#233;c&#233;dents montr&#233; et parfois critiqu&#233; la philosophie des soins palliatifs et les comportements qui en d&#233;rivent, elle en dresse ici le pan&#233;gyrique : &#171; l'accompagnement palliatif est un remarquable outil de ritualisation et de socialisation de la mort &#8230; presque plus int&#233;ressant par sa dimension sociale que par sa dimension strictement m&#233;dicale. &#8230; La mort du patient devient un temps offert &#224; la famille et aux proches. Un temps d'apprivoisement de la mort. &#187; (197).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me dire qu'elle revient sur ses prises de positions ant&#233;rieures lorsqu'elle d&#233;crit les trois ingr&#233;dients d'un accompagnement &#224; mourir &#171; r&#233;ussi &#187; : d'abord, la non-violence des actes m&#233;dicaux, c'est-&#224;-dire le refus d'une injection l&#233;tale, qui pr&#233;sente &#224; ses yeux trois inconv&#233;nients : passage &#224; l'acte ; actes trop brefs ; et relevant toujours du contr&#244;le et du pouvoir de la technique et de la m&#233;decine. Ensuite, veiller &#224; ce que le temps que dure l'attente de cette mort annonc&#233;e ne soit ni trop bref, ni trop long, ni trop ma&#238;tris&#233;. Beaucoup d&#233;pend enfin du contenu apport&#233; aux quelques jours qui restent, l&#224; o&#249; se manifeste la quintessence du savoir-faire des soins palliatifs, dont les accompagnements prennent peu &#224; peu la place d'un nouveau rituel de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'elle arrive &#224; la conclusion que, au bout du compte, &#171; peu importe que la demande soit euthanasique ou non. Le plus important r&#233;side dans la qualit&#233; de l'accompagnement &#8230; qu'on en vient, de fil en aiguille, &#224; consid&#233;rer comme une posture &#233;thique en soi &#187; (204).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[**L'homme du triathlon*]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante-cinq ans, hyperactif, il venait de disputer le triathlon de New York quand ses jambes ont commenc&#233; &#224; se d&#233;rober sous lui, &#224; l'improviste : maladie de Charcot, ou scl&#233;rose lat&#233;rale amyotrophique, qui emp&#234;che les muscles de fonctionner les uns apr&#232;s les autres. Irr&#233;versible, le malade, lucide, n'avait qu'une exigence : d&#233;cider de sa fin par lui-m&#234;me, avoir &#171; une mort qui n'appartienne pas &#224; la m&#233;decine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment venu, l'&#233;quipe du Centre a constat&#233; que, depuis quelques ann&#233;es, la plupart des m&#233;dicaments autrefois disponibles en pharmacies de ville, susceptibles de plonger les patients dans un sommeil profond, avaient &#233;t&#233; progressivement retir&#233;s du march&#233;, et que les m&#233;decins de ville &#233;taient devenus les otages des pharmacies hospitali&#232;res via les r&#233;seaux de soins palliatifs (210). &#171; Un m&#233;decin eut le courage de braver les soins palliatifs, et aussi celui de se procurer subrepticement des drogues interdites &#224; la vente en ville &#187; (213).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[**Epilogue*]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces exp&#233;riences souvent douloureuses, parfois traumatisantes, V&#233;ronique Fournier, dont le point de vue a &#233;volu&#233; en dix ans, a tir&#233; plusieurs enseignements, la pens&#233;e, pr&#233;cise-t-elle, s'&#233;tant construite &#224; plusieurs (223) : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; euthanasie : le mot est rejet&#233; avec violence, comme s'il renvoyait &#224; un &#233;tat de barbarie, et pourtant il ne faut pas h&#233;siter &#224; l'utiliser, &#171; ne pas se laisser enfermer dans des concepts et des principes, des d&#233;finitions du bien et du mal, immuables, universelles et normatives. Il faut admettre que la soci&#233;t&#233; bouge et avec elle parfois certains de nos r&#233;f&#233;rents fondamentaux &#187; (30).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les progr&#232;s de la m&#233;decine sont tels qu'elle est capable aujourd'hui de maintenir artificiellement n'importe quelle vie, pendant un temps ind&#233;fini (28). La contrepartie de ces progr&#232;s magnifiques est que la mort ne vient plus toute seule. Dans bien des cas, il faut d&#233;cider qu'elle survienne (226). Par exemple, la plupart des morts par d&#233;faillance cardiaque semblent d&#233;sormais pouvoir &#234;tre &#233;vit&#233;es et l'on se demande m&#234;me parfois si l'on n'emp&#234;che pas les gens de mourir du fait de nos techniques. Et il n'est pas s&#251;r que ce soit un bien, les perspectives &#224; un &#226;ge avanc&#233; &#233;tant de mourir de cancer ou de d&#233;g&#233;n&#233;rescence neuroc&#233;r&#233;brale (141).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la question &#224; se poser : qu'est-ce qui &lt;i&gt;honorerait &lt;/i&gt; le plus le patient en fin de vie ? (217). Et une partie de r&#233;ponse : &#171; tout faire pour aider &#224; supporter l'&#233;preuve et la rendre plus l&#233;g&#232;re &#187; (28).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; admettre la double impasse de la loi L&#233;onetti : 1- l'arr&#234;t d'alimentation et d'hydratation artificielles est irrecevable socialement ; logique techniquement, il est incompr&#233;hensible culturellement (229). 2- le principe de non-intention (&#171; laisser mourir, oui, faire mourir, non &#187;), louable in abstracto, n'est pas op&#233;ratoire dans bon nombre de cas. Il faut donc abandonner cette distinction, et assumer ouvertement le fait que l'intervention m&#233;dicale est vraiment que le patient meure. On ne peut pas continuer &#224; die que l'on arr&#234;te les traitements et qu'on n'est pour rien dans la mort qui va arriver (230).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cela assum&#233;, il faut ensuite lib&#233;rer la main des m&#233;decins, sans interdit : oui, ils ont l'intention que ce patient meure et c'est pour qu'il meure &#171; bien &#187;. Mais il ne suffit pas d'autoriser les m&#233;decins &#224; endormir leurs patients. On ne meurt pas de dormir, y compris de la s&#233;dation profonde et continue. Si on finit par mourir, c'est en r&#233;alit&#233; parce qu'on a arr&#234;t&#233; l'alimentation et l'hydratation (231). N'est-il pas hypocrite de consid&#233;rer que la suspension d'un traitement vital rel&#232;ve du &#171; laisser mourir &#187; plut&#244;t que du &#171; faire mourir &#187; ? (226). Lib&#233;rer la main des m&#233;decins veut donc dire les autoriser &#8230; &#224; accompagner la d&#233;cision de retrait des traitements par une aide active &#224; mourir. Il faut construire ensemble la mort, faire que les choses soient le plus adapt&#233;es possibles &#224; ceux qui sont concern&#233;s, aider &#224; ce que la mort devienne tol&#233;rable, apprivois&#233;e, civilis&#233;e (232).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Peut-&#234;tre est-ce cela que nous, les soignants, devons &#224; nos concitoyens en mati&#232;re d'aide &#224; mourir : &#233;couter ce qu'ils ont &#224; dire, pour s'ajuster au plus pr&#232;s au moment de l'&#233;ch&#233;ance, y compris en ayant le courage d'un ultime geste si n&#233;cessaire, au bout de la m&#233;decine et de l'accompagnement, y compris palliatif, sans opposition entre l'une et l'autre d&#233;marche &#187; (219). Quant au risque de d&#233;rive, il est franchement peu &#224; craindre, tant est consid&#233;rable la puissance des forces de vie (227).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, deux positions de Fournier plus hasardeuses, voire pour l'une d'elles carr&#233;ment contestable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les soignants sont les premiers &#224; savoir que le statut de l'autonomie n'est pas le m&#234;me pour le patient et pour eux. Le premier joue sa peau, le second un petit bout de son &#226;me, gu&#232;re plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, je ne suis pas d'accord : d'abord le patient ne joue pas sa peau puisqu'elle est d&#233;j&#224; sacrifi&#233;e ; ensuite, il est tr&#232;s l&#233;ger de ramener au sacrifice juste d'&#171; un petit bout d'&#226;me &#187; la responsabilit&#233; prise de tuer quelqu'un, f&#251;t-ce simplement en h&#226;tant sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; constater que &#171; les situations dans lesquelles la mort ne vient pas &#8230; sont la contrepartie des progr&#232;s consid&#233;rables qu'a faits la m&#233;decine &#187; (235) est un fait. Cela entra&#238;ne-t-il, ipso facto, que &#171; l'euthanasie doive &#234;tre envisag&#233;e comme la contrepartie de ces progr&#232;s ? &#187;. Sans que je sache dire pourquoi, le lien de cause &#224; effet ne me semble pas couler de source.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Alain AZOUVI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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